Traité d’économie hérétique, en finir avec le discours dominant

Traité d’économie hérétique, En finir avec le discours dominant

Thomas PORCHER, docteur en économie à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et professeur associé à la Paris School of Business

Porcher énumère les multiples affirmations arbitraires et mensongères débitées depuis une trentaine d’années par une petite élite auto-proclamée experte et véhiculées par la plupart des médias auprès du public qui les prend, par ignorance, pour des vérités incontestées et incontestables. Il explique au fil des pages en quoi ces croyances économiques sont contestables ou déviées ou pour la plupart carrément fausses. Et surtout, «l’économie n’est pas une science neutre avec des résultats indiscutables».

Or ces croyances actuelles, idéologiques, issues de courants du libéralisme et non vérités scientifiques, exercent une influence délétère sur notre cadre de vie en détruisant peu à peu les bases démocratiques de notre organisation sociale et politique et empêchent tout progrès social. Quelques croyances fausses imposées au public:

«La France est le pays où l’on travaille le moins»

«La dette publique est un danger pour les générations futures»

«Notre modèle social n’est pas adapté à la mondialisation»

«Le Code du travail empêche les entreprises d’embaucher»

«La France est bloquée par un marché du travail trop rigide» (en réalité, «processus continu de réformes depuis plus de 30 ans» ; «17 réformes entre 2000 et 2013». Malgré l’augmentation de la flexibilité qui n’a eu aucun effet sur le chômage, l’augmentation de l’instabilité et de la précarité des emplois, le discours des puissants restent le même et ils osent encore se plaindre des protections des salariés…)

«Le libre-échange profite à tous»

«Mener une autre politique économique, c’est finir comme le Venezuela ou la Corée du Nord»

«La réussite individuelle» en exemple (en réalité «mythe: sans des institutions et des investissements publics» préalables, aucun des riches self-made-men montrés en exemple actuellement n’aurait pu devenir ce qu’il est.)

«Les chômeurs sont paresseux» (en fait ils subissent des choix politiques inadéquats ou volontairement inégalitaires. Ou bien il faudrait admettre «des épidémies de paresse en 1929 et 2008 ; «les dirigeants européens… ont tué la reprise et fabriqué… une crise de la zone euro… par leurs choix économiques» et «les chômeurs sont les victimes de ces politiques»)

«La fraude sociale» invoquée régulièrement (elle est en 2015, d’après la Délégation nationale contre la fraude, 31 fois inférieure à la fraude fiscale, qui s’élève alors à 21 milliards)

«Le rapprochement des normes» de la Commission Européenne (en vrai, «le but est de faire baisser les normes», au détriment de la santé des hommes, des êtres vivants en général, pour favoriser les multinationales)

En particulier, Porcher juge ainsi la dette publique invoquée sans relâche par nos politiques libéraux: «un épouvantail… pour justifier des politiques d’austérité», la destruction des services publics et, d’une façon générale, celle du modèle social de la France. En réalité, la dette publique française est six fois inférieure à son patrimoine et ne constitue pas une menace.

Il fait remarquer que ce serait absurde de baisser les impôts, comme cela se passe actuellement, si réellement la France était dangereusement endettée. Par contre des crises, en particuliers celle de 2007 partie des USA, sont venues de la dette privée très supérieure à la dette publique dans plusieurs pays (USA, Espagne, etc.). Dettes privées épongées ensuite par l’argent public, ce qui majore la dette publique.

En Europe, la Commission Européenne, par ses choix idéologiques et non par raison économique, contribue à la croissance de la pauvreté pour beaucoup de citoyens et à la montée des partis d’extrême-droite en réaction à des mesures économiques et sociales impopulaires.

Le vrai rôle de l’économie serait de satisfaire les réels besoin des populations et de gérer la répartition des richesses crées par les hommes.

Mais les lobbies bancaires derrière la déréglementation des marchés financiers ne sont pas des économistes et n’ont aucun projet démocratique.

La privatisation et la libéralisation organisées au niveau mondiale, via le FMI, correspondent à une idéologie soutenue par quelques privilégiés soucieux de maintenir leurs privilèges arbitraires et ce n’est ni une nécessité ni un projet économique sain et raisonnable pour les hommes et la nature.